Pitié

Pitié!! Dieu éternel !
Pitié, je t’en implore!

Pour moi pauvre mortelle,
Rongée par le remord

Pardonne mon errance,
Pardonne mon délire,

Retiens de ta clémence
Ton courroux et ton ire.

Humblement devant toi,
Dieu miséricordieux,

Je me tiens en émoi
Et je baisse les yeux.

Reçois mon repentir,
Ecoute encore ma voix,

Car si je dois mourir
Je veux aller vers Toi.

Toi qui un jour jadis,
Dans ta grâce infinie,

M’as protégée des vices
Et m’as reconvertie.

Tu as ouvert mon coeur
Et purifié mon âme,

Me montrant ta splendeur
Et m’apprenant l’Islam!

o2r

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Mort de l’innocence

MORT DE L’INNOCENCE

Ils jouaient en toute innocence
Et les balles sifflaient aux alentours
Rythmant les juvéniles cadences
De leurs petits pas sourds

Ils couraient puis ils tombaient
Telles les feuilles, tournoyaient
Leurs yeux souriaient au ciel
D’un sommeil de printemps eternel

Une infernale faucheuse en action
Avance sa haine semant les pleurs
Ses blancs linceuls, étendant
Qu’elle macule et peint de l’horreur

Vois-tu cette âme qui sautille
C’est le fantôme de l’innocence
Qui revient pour que leurs cœurs vacillent
Et que nul n’oubli leur déchéance.

JEL

Agonie

Agonie est-ce toi la devant ma porte ?
Est-ce par pudeur pour toi que le soleil se cache ?
Est-ce pour cela que février les larmes apporte,
Et que cette fine pluie sur ma fenêtre crache ?

J`entend déjà au loin le rauque de ta voix
Mon visage si beau à ton approche blêmi
Et mon corps, qui énergique était autrefois
N`est plus qu’un tronc inerte aujourd’hui

Ah tiens! L`homme en bleu est là à mon chevet
Son sourire trahi la raison de sa présence
Il a fini ses nœuds sur cette corde enlacée
Me prenant par la main en toute insouciance

Pour un voyage dans cette immense prairie verte
Parsemée de lys, de rose, d’œillet et de jasmin
La demeure tracée de versets dorés m’attend portes ouvertes
Dormant sur une couche, linceul, sans penser a demain

Agonie pourquoi ne m as-tu pas prévenue ?
Pour voir mon amour, d`un ultime regard, qui dort
Faire l`adieu aux miens si chers en meilleure tenue
Puisque tu viens m`annoncer tout simplement ma mort.

JEL

Monde hypocrite

Ce monde hypocrite au regard voilé
Bernant les étendards et les drapeaux,
Pleurant les innocentes familles endeuillées
Sur la route de la souffrance et des maux

Ce monde hypocrite aux larges ornières
Qui s’émeut de ces petits enfants disparus
Que la fatalité a croisé un matin d’hiver
Alors que plus loin d’autres enfants on tue

La souffrance des mères n’est elle pas la même ?
Quand tombes sous les balles assassines
Ces enfants du même âge sous un autre emblème
En Orient, là-bas cette terre meurtrie de Palestine

La souffrance ne se ressent-elle pas de la même façon ?
Quand un soldat fait feu sur des enfants endormis
Coupable de leur innocence dans ces conflits indécents
En Afghanistan, en Irak, ou sous ce sombre ciel de Syrie

Les mères ne souffrent elles pas le même martyrs
Voyant leurs progénitures inertes sous les roquettes
Et cette terre, celle de leurs ancêtres rétrécir
Qu’une injustice élevée en droit a Balfour donné faveur

Ces mères qui souffrent dans la totale indifférence
N’ont point besoin des hypocrites, une compassion
Elles lavent en larmes dans la dignité, leur souffrance
En implorant Dieu, d’accueillir au paradis leurs enfants

Jel

Un esclave

Je pleure de vos injures

De votre calme, de mon agonie

Je pleure de mon silence qui dit presque tout

De votre audace a me proclamer fou

Je pleure mes larmes qui vivent la sècheresse

Dans ce monde ou l’on frappe sans tendresse

Je pleure ma force ma détermination

Mon courage, mon abstention

Je pleure ma bonté, ma servitude

Mon obéissance, mon incertitude

Je pleure mon âme et ses désirs

Ma folie te mes délires

Je pleure mes rêves d’autrefois

Ceux que je croyais voir, maintes fois

Je pleure mon coeur qui ne rêve plus

Sou prétexte qu’il a enfin su

Qu’à vouloir bâtir, j’ai tout reconstruit

Votre malice, maître, m’a démoli

Je pleure la mort de ma personne, jadis

Hier quand j’y croyais a la vie et ses délices

Je pleure le passé, mes souvenirs imparfaits

que Cet enfant de choeur vous asservissait

Je pleure mon présent, cette amertume intolérable

Toutes ces belles créations, cette vie misérable

Je pleure mon futur, mes possibles déchirures

Mon corps qui en résultera un jour d’une pure moisissure

Je pleure, maître, que je ne puisse vous asservir

Sacrifier tous mes biens pour vos instants de plaisirs

Je pleure, reine de toutes les reines, de ne  pouvoir

Vous donner tout mon amour, vous combler chaque soir

Je pleure, la raison n’est autre que je ne pleure pas

Où tout simplement, un esclave ne le doit pas…

Walid

l’oeil

Il arrive à l’ Œil d’être malade

Les yeux alors se voilent

Ne peuvent plus voir ou que du noir ;

Et l’ouïe, non plus ne peut percevoir

Et, si la maladie persiste, s’aggrave

Le doute croît et sort son épée

Et même quand c’est l’été

C’est toujours l’hiver

L’angoisse devient permanente

Il fait toujours froid

Et la terre qui grouille

N’est rien que désert

C’est le grand égarement !

Que Dieu nous préserve !

A quoi sert la richesse

Si richesse il y a,

Si l’Œil est si pauvre ?

Aussi grosse soit-elle

Elle est vaine et morve

Quand l’Œil est ainsi malade

C’est qu’il est scellé,

C’est qu’il est scellé !

C’est le grand égarement

Que Dieu nous préserve !

 

Abderrahmane Laghzali

Qui a dit?

Qui a dit que
Les peuples Arabes
Étaient morts ?

Leurs têtes
Contre les murs
De l’Histoire
Certes se fracassaient
Ils avaient raté
Son train
Tant de fois
Et avaient des remords
Ils étaient dans la patience
Et quel inconfort !…
Le Train, lui, vite,  passait
Et pour les prendre
Il fallait, un jour, un peu le forcer
Mais ils gémissaient !
Et qui gémit
Du tout n’est pas
Mort !

 

Abderrahmane Laghzali